“Quand on veut, on peut” : Son combat contre l’anorexie

J’ai fait la connaissance de Coralie, plus connue sous le nom de @CocoHealthyFlorist sur Instagram, il y a quelques semaines. C’est avec une extrême gentillesse qu’elle a accepté de témoigner et de nous raconter son histoire. Difficile d’imaginer son passé d’ancienne anorexique lorsque l’on découvre ses photos, et pourtant. C’est sans aucun filtre que Coralie se confie sur cette maladie qui lui a rendu la vie impossible, espérant avant tout, faire passer un message d’espoir.

 



 

 Racontes nous ton histoire… Comment es-tu tombée dans l’anorexie ? 

 La cause principale de ma perte de poids a été une photo, prise lors d’un séjour à Disneyland Paris. Je me suis trouvée bouboule. Absolument pas mignonne. Je ne m’étais jamais trouvée jolie… Mon manque de confiance en moi me jouait des tours. Et puis, dans les années lycées, on souhaite plaire à certaines personnes, on souhaite correspondre à l’image de la société.

A partir de là, j’ai voulu mincir. Le mot régime m’était inconnu, mais j’avais souvent entendu parler du régime végétarien. J’ignorais à cette époque qu’il s’agissait d’un mode de vie. J’ai donc commencé à éliminer certains aliments, notamment les protéines animales. Je me souviens aussi que j’avais souhaité un vélo elliptique pour mon anniversaire. Souhait que mes parents avaient exaucé et j’en étais devenue accro. Mon poids est vite descendu, une victoire pour moi ! 

Sans comprendre, ni pourquoi, ni comment, j’ai désiré continuer à perdre. Littéralement tombée sous le charme de Satan, cette petite voix qui me murmurait sans cesse “tu es trop grosse”, “ne manges pas où tu vas le regretter”… J’ignorais alors que je rentrais dans un cercle vicieux qui m’amènerai en enfer.

Rapidement, j’ai dû quitter le lycée. Il faut savoir que la majorité des anorexiques sont de très bonnes élèves, ce que j’étais avant de tomber là-dedans. Cette maladie vous coupe de toute sociabilité et cela nous plonge dans la dépression. On broie du noir 24h/24, on se renferme sur nous-même. Notre esprit est vide mais on a parfois des crises d’hystérie (bien qu’involontaires). On est tellement mal que l’on a qu’un seul souhait : mettre fin à ce mal être. Un seul moyen s’offre donc à nous : le suicide. C’était exactement le sentiment et le souhait qui m’habitaient à ce moment là. 

 

On peut se sortir de l'anorexie

 

 Aujourd’hui tu vas bien mieux et tu as d’ailleurs écrit un article “L’anorexie. Mon combat. Ma Victoire”. Quel a été ton déclic pour reprendre le dessus ? 

Mon déclic fut sans hésitation, mon hospitalisation. J’ai passé trois jours aux urgences, en attendant d’être acceptée dans une clinique privée et étant donné mon cas, ce n’était pas gagné.  Je pesais 31 kg pour 1m73. “Comment est-elle encore en vie ?”. Ce sont les mots des médecins. 

Les urgences sont un monde à part. On est valdingué dans tous les sens, des box, des couloirs et rares sont les chambres individuelles. C’est très impressionnant. Simplement vêtue d’une chemise blanche, avec des fils partout (perfusions, électrocardiogramme…), me voilà étendue dans un lit et dans l’attente de ce que j’allais devenir. Ces trois jours étaient rythmés par les différents examens que l’on me faisait. 

Je me souviens très bien dans ce box des urgences, lorsque ma mère m’a dévêtue… C’est comme si j’avais retrouvé d’un coup mes yeux. Mes vrais yeux. Je me suis vu tel un cadavre des camps d’extermination.
Quand on est anorexique, c’est comme si on remplaçait notre véritable regard par un autre. On se voit toujours plus grosse, toujours plus grasse. Dans la rue, on ne cesse de regarder les filles de la tête aux pieds. On a toujours l’impression d’être plus énormes qu’elles. On les envie, alors qu’en réalité, on est dans la tromperie.
La maladie change totalement notre vision. A cette époque, je me voyais toujours plus grosse alors qu’en réalité, j’étais un tas d’os. 

 

 Quelles difficultés as-tu rencontré tout au long de ta guérison ?

J’ai rencontré deux grandes difficultés durant ma convalescence. Je suis restée presque deux mois en hospitalisation dans une clinique privée, à la suite de mon passage aux urgences, et l’éloignement avec ma famille a été très dur. Même si ma maman était restée les premiers jours à mes côtés et que mes parents venaient me voir tous les soirs, sachant qu’ils habitaient à 1h15 de la clinique. Ma maison, mes repères, ma ville… tout me manquait et certains jours c’était difficile à gérer. 

La seconde a été cette sonde alimentaire qui m’a accompagnée quelques semaines et que l’on m’a posée aux urgences. A ce jour, ça reste le pire souvenir de ma vie. Quand on vous la met en place et quand on vous la retire, la douleur est indescriptible. Vivre avec ce tuyau qui vous pend au nez H24 n’est vraiment pas une partie de plaisir, et savoir que l’on vous gave comme une oie est difficilement acceptable. 
Même si je mangeais tous mes plateaux, la poche de 500 calories que l’on me posait tous les soirs, était indispensable les premiers temps au vu de mon poids si bas.  


 
Quel a été le secret de ta réussite selon toi ? 

Je pense qu’il n’y a pas de véritable secret. J’ai eu tout simplement la volonté de vivre, de revivre. J’ai dû me battre, passer par des hauts et des bas. Mais je n’ai pas abandonné car j’avais ma famille à mes côtés et sans elle, je ne serais plus de ce monde. Ma famille, c’est tout pour moi, même aujourd’hui. Elle le restera toujours. Il n’y a rien de plus vrai.

 

 Aujourd’hui tu as un compte Instagran (@CocoHealthyFlorist) où tu partages beaucoup de photos de ton quotidien actuel (recettes saines, séances de sport) accompagnées de messages inspirants. Pourquoi avoir voulu partager ton histoire sur ce réseau social ? 

J’ai découvert ce réseau social il y a un an et depuis, je n’avais jamais osé montrer d’où je venais, quelle était vraiment mon histoire. J’avais juste mentionné “ancienne anorexique” dans ma description. Il faut dire que je ne suis pas une adepte des “avant/après” que l’on voit si souvent dans le fil d’actualité. 
Mais depuis quelques semaines, je tombais sur certains comptes de jeunes filles qui s’affamaient et faisaient du sport à outrance pensant que c’était ça la solution. Elles ne voyaient pas dans quoi elles s’embarquaient. 
Je voulais à ma façon, apporter une forme d’aide à ces personnes qui cherchent à sortir de cet enfer. J’ai donc pris mon courage à deux mains et je me suis mise à nue. 

 

 A quoi ressemble ta vie aujourd’hui ? 

Je mène une vie tout à fait normale. Je commence à trouver cet équilibre que j’ai tant cherché depuis des années. Même si je n’accepte toujours pas ce reflet dans le miroir (c’est mon deuxième combat), j’y travaille à mon rythme, en alliant équilibre alimentaire et sport. Celui que je découvre tous les jours, c’est notamment la musculation. Ce n’est plus une contrainte, comme par le passé, mais bel et bien un plaisir. Comme celui de se nourrir. 

 

 Quels conseils donnerais-tu aux personnes souhaitant s’en sortir ou ne voyant pas encore d’issues de secours ?

Dans cette maladie, il n’y a pas vraiment de conseils à donner. Le seul que je pourrais suggérer, c’est de montrer à ces personnes, des témoignages comme le mien ou lire des ouvrages écrits par des personnes ayant vécu ce calvaire, comme “Jamais assez maigre” récemment, de Victoire Maçon Dauxerre. 
Mais surtout, je leur conseillerais de ne jamais abandonner, car on peut s’en sortir. Avec un peu de volonté, on peut gagner. 

 

 Quelle est la devise qui définit le mieux ton état d’esprit ?

La vie m’a mise à rudes épreuves et continue. Elle m’a donné beaucoup de leçons, mais j’ai toujours gardé en mémoire : 

 

Quand on veut, on peut. 

 

Même si parfois elle semble complexe, elle s’avère dans la majorité des cas, vraie. 

 

 

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Un grand merci à Coralie qui a été la première à me faire confiance et à me confier son histoire. 

Signature Mégane Daumas

 

 

 

 

 

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